Blog

décrochage scolaire

Du fin fond que je me souvienne, l’école a toujours été une source de problèmes pour moi.

Au primaire, j’étais turbulente, le genre d’enfant incontrôlable qui lançait des boulettes de papier et des gommes à effacer aussitôt que l’enseignant avait la tête tournée, oui, oui, c’était moi! Ayant un déficit d’attention avec hyperactivité non traité à l’époque, j’avais déjà un orthopédagogue en 3e année du primaire puisque je ne comprenais rien en mathématique, une matière nécessitant de la concentration, chose que je n’avais pas.

Ma mère étant décédée un an plus tôt et mon père travaillant tout le temps, j’ai passé mon primaire à faire des mauvais coups et je suis devenue délinquante au secondaire, soit à 12 ans. Style vestimentaire étrange, consommation, alcool, troubles de comportement et troubles alimentaires auront fait partie de mon quotidien jusqu’à ce qu’on m’interne à l’hôpital psychiatrique puis dans un centre d’accueil. Je me rappelle très bien, tout ce que je voulais, c’était ma liberté, assez pour que je finisse par fuguer à plusieurs reprises du centre d’accueil parfois pendant plusieurs semaines : vous vous doutez évidemment que je n’allais à l’école que partiellement, je vivais en fugitive la moitié du temps.

Suite à cela, le centre a décidé de me garder en milieu fermé, soit dans le secteur à sécurité maximale puisque mon risque d’évasion était trop élevé. On devait m’enfermer! J’ai continué mes études secondaires dans les classes du centre à mon rythme, avec des cahiers, jusqu’à ce que je puisse  en sortir  à l’âge de 16 ans. Comme j’avais réussi à avoir un comportement exemplaire, on m’a finalement redonné ma liberté. Cette année-là, mon père m’a obligée à retourner à l’école secondaire où j’ai été classée en CPT (cheminement particulier temporaire), un niveau inférieur au programme régulier, constitué principalement d’élèves ayant des troubles d’apprentissage modérés et/ou de comportement. Je me suis mise alors à vendre des amphétamines et j’ai recommencé à consommer à l’insu de mon père qui, de toute manière, n’était pas assez présent pour s’en apercevoir…

J’ai coulé trois matières cette année-là, dont deux que j’ai réussi finalement à passer en cours d’été, et j’ai lâché pour de bon après ça pendant plus de six ans. J’ai quitté la maison à l’âge de 17 ans et je n’avais d’autre choix que de travailler pour subvenir à mes besoins. J’ai donc adopté le métier de serveuse et j’y suis resté attachée pendant plusieurs années.

C’est enfin à l’âge de 23 ans que j’ai décidé de me prendre en main et de retourner aux adultes finir les matières qu’il me manquait. J’ai dû rencontrer pendant ce temps une bonne dizaine d’orienteurs afin de déterminer ce que je voulais vraiment faire dans la vie et aucun d’entre eux en est venu à bout, j’étais découragée…

Après l’obtention de mon diplôme d’études secondaires (DES), je me suis inscrite à l’université en accès aux études universitaires et j’ai cumulé des crédits en espérant pouvoir entrer dans un bac. Comme je n’arrivais pas du cégep, mes chances étaient réduites. J’ai fini par faire un baccalauréat multidisciplinaire dans le domaine du marketing où j’ai enfin trouvé ma voie.

J’ai voulu lâcher au départ, mon esprit de décrocheuse me disait que je ne serais pas capable de passer au travers, que je n’avais pas les notes, mais finalement, j’ai bien compris que lorsqu’on aime une matière, ce n’est pas une tâche d’étudier comparativement au secondaire et j’ai ainsi réussi à passer au travers, après quatre ans et demi à temps plein, un travail à temps partiel et des dettes d’études d’une somme faramineuse… Aujourd’hui, je travaille chez ChallengeU pour aider les gens à raccrocher et leur donner le goût de réussir. Je suis fière et contente de vous communiquer l’importance de faire quelque chose qu’on aime, peu importe les sacrifices.

 

Et vous, quelle est votre expérience??

 

No Comments

Post a Comment