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Les origines du décrochage scolaire

Malgré la baisse considérable qu’il connaît depuis quelques années, le taux de décrochage scolaire au Québec est encore bien présent dans notre société. Bon nombre de Québécois n’ont encore pas de diplôme, et certains peinent à se trouver un emploi qui puisse répondre à la hausse constante du coût de la vie.

En 2012-2013, près de 15,3 % de la population québécoise avait délaissé les bancs d’école pour des causes diverses. Les jeunes hommes seraient plus enclins à décrocher que les jeunes femmes, mais en général, celles-ci font un retour aux études plus tardivement, ce qui laisse supposer de leur part une aversion plus prononcée pour l’école. De plus, certains autres facteurs dominants comme l’âge, le milieu familial et l’adaptation de l’individu à son milieu social expliquent les taux d’abandon et, bien souvent, la propension à retourner aux études après une longue période de décrochage.

Pour mieux comprendre… Qui sont les décrocheurs?

Pour commencer, il y a deux familles de décrocheurs bien distinctes: les «exclus» et les «abandonneurs». Turbulents à l’école, mésadaptés, plus souvent en retenue qu’en classe, les exclus ont entretenu des rapports anarchistes avec le système scolaire. Révoltés et vivant une crise d’adolescence particulièrement aiguë, ils défient l’autorité afin d’expérimenter les limites. «Les exclus réagissent à leur décrochage cognitif par un rejet violent de l'école et, la situation devenant insupportable, ils décrochent» (E. Bautier, :"«Décrochage scolaire:, genèse et logique des parcours"», Enjeux, mars 2003).

Les abandonneurs, qui sont en fait majoritairement des abandonneuses, vivent quelques paradoxes similaires, mais ils ont décroché du système scolaire pour des raisons plus intrinsèques que des troubles de comportement. Leur abandon serait causé principalement par des facteurs psychologiques liés à l’environnement social et familial. Néanmoins, les abandonneurs quittent l’école un peu plus tard, soit au deuxième cycle du secondaire, et leur rendement scolaire est meilleur que celui des exclus.

Y a t-il une différence entre le décrochage à 13 ans et à 16 ans?

De fait, le milieu sociodémographique a souvent une influence sur le décrochage précoce. Ainsi, les jeunes vivant dans un milieu de décrocheurs sont prédisposés à abandonner rapidement l’école. Cet effet boomerang est particulièrement flagrant dans les petits villages isolés et les réserves autochtones. La plupart d’entre-eux ne retournent jamais sur les bancs d’école: la pente est trop raide à remonter, et leur milieu n’est guère propice à la réussite. "Dans certaines régions éloignées plus d’une personne sur cinq n’a pas de diplôme d’études secondaires"(source : PRÉCA).

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Les influences sociales et le milieu familial

Nous savons tous qu’au Québec, il est illégal pour un parent de laisser son enfant arrêter de fréquenter l’école avant l’âge de 16 ans. Pourtant, bien que le décrochage ait lieu le plus souvent au deuxième cycle du secondaire, 3 décrocheurs sur 10 quittent l’école en 3e secondaire. Une proportion moindre décroche dès la 1re ou 2e secondaire, voire dès la 6e année du primaire.

Beaucoup d’études confirment que bien souvent, les enfants ayant décroché au début de l’adolescence sont issus d’un milieu défavorisé et que la nonchalance de certains parents à l’égard de leurs préados les a empêchés de déceler des troubles d’apprentissage qui auraient souvent nécessité une intervention psychiatrique. Le sentiment d’impuissance vécu par la jeune personne face cette situation qui échappe à son contrôle la pousse à se refouler ou, au contraire, à se révolter, ouvrant la porte à des problèmes de comportement. Il faut noter que dans 6 cas sur 10, le dysfonctionnement du milieu familial est la principale cause de l’apparition de troubles du comportement chez un enfant.

Chez les adolescents de 15 ou 16 ans, les influences sociales jouent un rôle de premier plan. Bien que ces influences affectent aussi les plus jeunes, la crise identitaire d’une adolescente ou d’un adolescent en phase de maturité l’amène souvent à s’identifier à un groupe de pairs ayant des points communs avec elle et une idéologie similaire. En effet, il n’est pas rare de voir que le cercle social d’un décrocheur est composé de gens comme lui. Dans cette perspective, le milieu de vie, l’autorité, l’éducation parentale et le besoin d’appartenance influenceraient la décision du jeune d’abandonner ses cours.

N.B. Dans les milieux défavorisés, les décrocheurs fondent des familles à un très jeune âge, ce qui alourdit d’autant la tâche de réinsertion scolaire…

Des métiers plus payants pour les hommes ...

Les filles sont moins nombreuses que les garçons à décrocher de l’école (moins de 11.9 % contre près de 18.9 %), mais leurs perspectives d’avenir sans diplôme sont nettement plus défavorables. En effet, une grande partie des emplois manuels offrant un salaire convenable nécessitent une grande force physique. C’est pourquoi les hommes ont tendance à retourner plus rapidement aux études pour se spécialiser dans un domaine pertinent pour l’emploi qu’ils occupent présentement, tandis qu’une jeune femme risque d’errer un peu plus longtemps avant de trouver sa voie, puisqu’à court terme, les seuls emplois bien rémunérés qui s’offrent à elle sont les métiers à pourboire en milieu urbain.

Une autre cause fréquente du décrochage féminin a trait aux problèmes familiaux et à la facilité qu’ont les filles à fuir leurs difficultés en quittant la maison, ce qu’elles font généralement plus tôt que les garçons. Ainsi, le coût de la vie étant trop élevé pour qu’elles puissent songer à retourner aux études, les situations à risques se multiplient, et la naissance d’un enfant a pour effet de prolonger leur processus de remise en question. En revanche, il est prouvé que les femmes sont plus persévérantes lorsqu’elles retournent aux études et qu’elles achèvent généralement leur scolarité en une seule fois, alors que les hommes ont tendance à n’y arriver qu’après plusieurs tentatives...

Les conséquences économiques du décrochage scolaire

Les coûts et pertes découlant du décrochage scolaire en font un phénomène très dispendieux pour l’État. Rien qu’au Québec, on parle de 1,9 milliard de dollars par an! Ainsi, la faible scolarisation est comparable à un entonnoir inévitable qui amène toute la société à puiser dans son portefeuille beaucoup plus qu’on pourrait le croire.

En effet, les décrocheurs gagnent des salaires moins élevés que la moyenne, donc ils versent moins d’impôts à l’État et courent un risque accru d’avoir recours à l’aide sociale ou à l’assurance emploi et, surtout, de contribuer à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Également, nous savons tous que le fait de vivre sous le seuil de la pauvreté augmente considérablement les risques de dépression, de malnutrition et de toxicomanie, ce qui accroît d’autant la prédisposition aux maladies et réduit l’espérance de vie des personnes touchées. Les décrocheurs aux prises avec des problèmes de toxicomanie sont à l’origine de la majorité des activités illicites répertoriées au Québec. De fait, 63 % des personnes en milieu carcéral n’ont pas de diplôme d’études secondaires.

«Il est coûteux, le décrochage scolaire», rappelle le Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires.

Enfin, le manque de scolarisation affecte grandement les milieux communautaires et sociaux, puisque les décrocheurs s’impliquent moins dans la société, font rarement du bénévolat et n’ont pas la notion de collectivité. Le taux de participation aux élections illustre bien ce phénomène: 48% des décrocheurs scolaires ne votent pas, 84 % des universitaires votent, ce qui laisse supposer un désintérêt pour tout ce qui concerne l’ensemble de la société. C’est pour cela qu’il importe de prendre conscience de cette réalité, de démontrer à vos pairs la place essentielle de l’éducation dans notre société et, surtout, d’encourager la persévérance scolaire, parce que l’école, C’EST IMPORTANT!

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Sources:

PRÉCA

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